Allier blockchain et autoconsommation ?

David Dornbusch/ mars 9, 2019/ Vertsun actualité

Par GreenUnivers.La blockchain va-t-elle confirmer ses promesses dans l’énergie ? Cette solution d’échange et de certification d’informations totalement décentralisée, particulièrement sur le sujet  blockchain et autoconsommation, très en vogue il y a deux ans, a depuis continué son chemin. Parmi les acteurs français positionnés sur le sujet, Sunchain entre maintenant dans une phase concrète.

Un premier projet…

Cette start-up catalane, issue du bureau d’études Tecsol, a commencé à travailler en 2016 sur l’utilisation de la blockchain. L’idée de base, à laquelle s’intéresse aussi Engie, est d’exploiter la fiabilité de la blockchain pour enregistrer les flux d’énergie. « Nous avons raccordé fin 2018 notre premier projet, à Prémian, au nord-ouest de Béziers, dans l’Hérault », explique Christophe Courtois, président de Sunchain et directeur de Tecsol.

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A Prémian, une centrale photovoltaïque de 28 kW doit alimenter six consommateurs publics (mairie, bureau de poste…) ou non (logements, boulangerie). L’enjeu du projet est de valider l’intérêt de la blockchain pour certifier les transactions et mettre en place des règles de répartition dynamiques et personnalisées de la production solaire. « Comme nous virtualisons le réseau avec la blockchain, nous pouvons vraiment proposer une gestion sur-mesure. » Par exemple, la boulangerie de Prémian consomme davantage d’électricité la nuit que les autres sites concernés. Le but est qu’elle se voit tout de même attribuer, sur une année complète, autant d’énergie de la centrale solaire que les autres.

… et deux autres à venir

Rappelons qu’il existe plusieurs technologies de blockchain. Certaines étant énergivores, elles risquent de plomber le bilan environnemental des projets. Sunchain a cherché à éviter cet écueil. « Nous voulions un système sobre, facilement déployable et modifiable », souligne Christophe Courtois. La start-up a finalement retenu la solution nommée « Hyperledger Fabrik », qui n’utilise pas de « jetons » – ou « tokens » – ni de cryptomonnaie. Pas besoin non-plus du procédé appelé « minage » qui, comme pour le Bitcoin, sécurise parfois la blockhain. « Avec notre solution, la validation se fait par consensus. A partir du moment où plusieurs points du réseau observent la même transaction, celle-ci est validée », vulgarise le dirigeant.

Sunchain travaille par ailleurs sur deux autres projets, qui pourraient se concrétiser dans les prochaines semaines. « L’un est mené avec le syndicat départemental d’électricité de l’Aveyron. L’autre, avec le bailleur social Soliha », évoque Christophe Courtois. Mais Sunchain n’abandonne pas pour autant son ambition de plus long terme : l’électromobilité solaire. A la place de l’autoconsommation collective « statique », le principe serait d’utiliser la blockchain pour associer le photovoltaïque à des bornes de recharge de voitures électriques. « Nous avons un projet en train de se dessiner », assure le président de Sunchain.