Enercoop lance un premier petit appel d’offres éolien et solaire

David Dornbusch/ novembre 21, 2018/ Vertsun actualité

Producteur solaire

Producteur solaire

Les contrats d’achat direct d’électricité à long terme ont le vent en poupe.

Côté grands consommateurs, comme Google, mais aussi fournisseurs. Engie avait frappé les esprits fin juillet avec son appel d’offres pour 2 TWh issus de la production solaire et éolienne française, toujours en cours. D’autres compétiteurs veulent favoriser cet approvisionnement longue durée à prix stabilisé – également dénommés PPA pour power purchase agreement –, sur des volumes moindres pour l’instant. Comme Enercoop, qui lance un appel d’offres pour le 18 janvier prochain.

La coopérative a pour principe depuis son lancement en 2007 de conclure des contrats en direct avec les producteurs, d’hydroélectricité en grande majorité pour l’instant, sur des durées plus ou moins longues. Elle souhaite maintenant accélérer la diversification de son sourcing vers l’éolien (10% de son mix aujourd’hui, des parcs sortis de l’obligation d’achat) et le solaire, sur des projets neufs éolien ou solaire entrant en service en 2019 ou 2020. « Nous recherchons entre 10 et 20 GWh annuels pour commencer – soit la production moyenne annuelle de quelques éoliennes, NDLR – sur une durée de 30 ans »,  annonce Nicolas Postic, chargé de l’approvisionnement.

Entre 40 et 60€/MWh

A quel tarif ? Entre 40 et 60€/MWh. Les accords devant être conclus mi-2019, la référence de base sera le prix de marché d’alors. Mais l’engagement à long terme, presque au double de la durée du contrat avec EDF Obligation d’achat (EDF OA), doit permettre aux yeux d’Enercoop de faire baisser les prix et in fine de favoriser sa compétitivité d’Enercoop (même si ce n’est pas l’argument majeur de ce pionnier de l’électricité verte) et son équilibre financier. En l’espèce, « notre coût d’approvisionnement idéal tournerait plutôt autour de 50€/MWh », précise Nicolas Postic.

 

Via cet appel d’offres pour du sourcing éolien ou solaire très long terme, qui pourrait donner lieu à des rééditions courant 2019, le fournisseur souhaite s’affranchir le plus possible de la variation des prix sur les marchés. Laquelle influence ses renégociations avec les producteurs, fréquentes lorsque les contrats sont de courte durée. Or, les prix se trouvent orientés à la hausse depuis 2017. Dans la livraison de novembre 2018 de son Observatoire des marchés de gros, la Commission de régulation de l’énergie constatait, pour le 2e trimestre de cette année, que les prix pour livraison l’année suivante « affichent une nette progression, passant notamment de 39,9 €/MWh en moyenne à plus de 45,1 €/MWh (+13,3%) en forte corrélation avec l’évolution des énergies fossiles. Le prix du produit Calendaire France Base 2019 finit ainsi le trimestre en hausse à 48,2 €/MWh ».

Mouvement vers les PPA

Enercoop fait peu ou pas de trading mais achète en moyenne chaque année autour de 400 GWh auprès de producteurs hydro, éoliens et solaires. La coopérative a été le premier fournisseur à devenir en 2016 un organisme agréé pour gérer l’achat d’électricité subventionnée, à la place d’EDF OA, qui a perdu son monopole. Cet approvisionnement représente aujourd’hui près de 5% de ses achats. Le tout est complété par l’agrégation de volumes encore faibles soutenus par le complément de rémunération. Cet approvisionnement-là est destiné à augmenter, pour atteindre 30% du volume total.

Le sourcing direct de la production d’électricité renouvelable incite les fournisseurs à devenir propriétaires des centrales – comme l’a fait Direct Energie en reprenant Quadran – ou à conclure des accords exclusifs avec les détenteurs d’actifs, comme le fait Ilek.