Dans l’Aude, un parc photovoltaïque cofinancé par la population

David Dornbusch/ décembre 17, 2018/ Vertsun actualité

Par Le Parisien et Enedis. Installé sur un terrain inutilisé près de la commune du Luc sur Aude, le parc photovoltaïque a été financé par la région… et les souscriptions d’habitants du village et de sympathisants du projet.

« Depuis une quinzaine d’années, nous étions régulièrement sollicités par des développeurs pour parc photovoltaïque qui voulaient profiter de l’exposition de l’un de nos coteaux pour y mettre en place une installation », se souvient, un brin amusé, le maire (sans étiquette) du Luc-sur-Aude, Jean-Claude Pons. Lequel ne donne alors pas suite, devant des projets jugés « surdimensionnés ».

Parc photovoltaïque Aude

Parc photovoltaïque Aude

Mais lorsque l’ex-région Languedoc-Roussillon lance, il y a deux ans, un appel à projets pour l’installation d’un parc photovoltaïque , la commune dit « banco ». « La région, désormais Occitanie, proposait de cofinancer des parcs de petites dimensions, à hauteur d’un euro investi par la collectivité pour un euro donné par un citoyen », précise le premier magistrat de cette commune de 250 habitants, située à quelques kilomètres de Carcassonne.

Le Luc-sur-Aude, lauréat de l’appel à projet, est séduit par l’idée que les retombées financières puissent revenir -un peu- au village et, surtout, aux particuliers qui ont donné. Qu’ils soient habitants de la commune ou des alentours.

« Nous avons dû effectuer un petit travail sociologique, se remémore monsieur le Maire. On est allés voir les familles du village une par une, chez elles le soir, pour recueillir les réactions de chacun. Et nous avons eu des surprises, notamment la crainte émise par certains que le parc n’assèche la source qui fournit le village en eau ! »

« Investir dans un parc photovoltaïque est quelque chose de positif »

A l’arrivée, pas de drame : le parcphotovoltaïque est installé sur une ancienne zone de vignes, dépourvue de faune ou de flore remarquables, à quelque 500 mètres de l’entrée du village, d’où il n’est pas visible. Il occupe 4 000 mètres carrés d’emprise au sol, pour une surface de panneaux de 1 600 mètres carrés. « Dimensionné aux besoins électriques de la commune », selon Jean-Claude Pons, le parc aura coûté 340 000 euros (dont 100 000 euros proviennent de la région et 240 000 euros des souscriptions privées).

« C’est un sacré challenge, pour un village de 250 habitants, de réussir à récolter 240 000 euros ! Je ne pensais pas qu’on y arriverait, j’imaginais devoir garder une part de financement issue du budget communal… jusqu’au premier soir, où j’ai vu la queue devant la mairie. Là, j’ai compris », se souvient le maire, presque avec émotion.

Puissance de l’installation : 250 kilowatts-crête, pour une production de 320 000 kwh par an. « Ce qui correspond à l’alimentation d’un village de 250 habitants, hors chauffage électrique », précise-t-on du côté de la mairie. Où l’on perçoit une « petite » location (1 000 euros par an, environ, plus la contribution foncière des entreprises, 1 600 euros à l’année à peu près). « Pour les actionnaires, on arrive à un TRI (taux de rentabilité interne, ndlr) brut de 7% », ajoute Jean-Claude Pons.

Ce qui ne revient, au final, qu’à quelques euros par an par contributeur. « L’idée était de faire investir les gens dans quelque chose de positif », explique monsieur le Maire. Pour qui il n’y avait pas de démarche militante derrière l’installation du parc. « On voit toutefois qu’avec les sources qui s’assèchent ou les arbres qui meurent, il y a une vraie inquiétude de la population quant au réchauffement climatique. Quand on voit un ours blanc tourner en rond sur sa banquise, on ne peut pas faire grand-chose mais on peut faire évoluer les choses à côté de chez nous. »