Le gouvernement a introduit un doute sur l’évolution du prix des énergies fossiles

David Dornbusch/ décembre 6, 2018/ Vertsun actualité

Entretien avec Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables dans Green Univers 

La trajectoire haussière de prix de la taxe carbone vient d’être cassée par Emmanuel Macron, pour répondre au mouvement des « gilets jaunes ». Confirmée et amplifiée en 2017 par Nicolas Hulot, alors ministre de la Transition écologique et solidaire, la taxe aurait dû atteindre 65,3€/tonne de CO2 en 2020 et 100 € en 2030.

prix des panneaux solaires pour la transition

prix des panneaux solaires

GreenUnivers : L’Élysée a annoncé hier que la hausse de la Contribution Climat Energie, dite taxe carbone, serait supprimée pour 2019 et pas seulement pour le premier semestre comme le souhaitait Matignon. Quelle est votre réaction ?
Jean-Louis Bal : Tout dépend s’il s’agit d’un enterrement ou d’une suspension. Dans le premier cas, c’est une très mauvaise nouvelle, car les comportements énergétiques ne peuvent pas changer sans une fiscalité adaptée. Dans la seconde hypothèse, que j’ai quand même tendance à retenir, la reprise de la trajectoire de la Contribution Climat Énergie vers 100€ en 2030 sera subordonnée à l’efficacité des mesures sociales d’accompagnement.

GU : Celles déjà en place ou de nouvelles ?
J.-L. B. : L’important est, me semble-t-il, de mieux utiliser l’existant et surtout, de le faire connaître. Le Crédit d’impôt transition énergétique transformé en prime, les aides de l’Anah (Agence nationale de l’habitat), l’écoprêt à taux zéro, la prime majorée à la conversion des véhicules peuvent réduire la facture énergétique des ménages, notamment celle des plus modestes. Le cas le plus typique ? Les habitants des zones périurbaines qui à la fois se chauffent au fioul et roulent au diesel. Mais il faut qu’ils connaissent le dispositif d’accompagnement. On peut imaginer une mission spécifique de l’Anah à ce sujet, pour coordonner les aides.

GU : Le gel de la taxe carbone va-t-il avoir très vite des conséquences sur les filières de la transition énergétique ?
J.-L. B. : Bien entendu. Le gouvernement vient d’introduire un doute sur l’évolution du prix des énergies fossiles. Cela va faire réfléchir les collectivités, les entreprises et les particuliers. Le secteur le plus affecté sera celui de la chaleur renouvelable, à commencer par le chauffage au bois, les pompes à chaleur et la géothermie, voire le biométhane.