Via Eric Morel . A l’instar de nombreux «petits» pays européens, la transition énergétique de la Suisse n’attire pas nécessairement l’attention des grands acteurs de l’énergie. Et encore? La Suisse est régulièrement classée en tête des pays innovants aux côtés des pays scandinaves, elle dispose d’infrastructures de recherche énergétique très actives et, en ce qui concerne l’énergie, son marché fragmenté est particulièrement dynamique. Ce marché énergétique n’est ouvert que depuis 2009 aux gros consommateurs (plus moins de 100 MWh / an) et les activités de distribution et de fourniture ne sont pas séparées.

Après avoir ratifié par le peuple la stratégie 2050, la Suisse se prépare, à l’instar d’autres pays européens, à traverser des turbulences pour sa transition énergétique .

Ne serait-il pas intéressant de regarder de près la transition énergétique en Suisse? À quoi devrions-nous nous attendre dans les mois à venir? Ne pourrions-nous pas tirer des leçons des situations passées et futures?

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Une très forte présence locale de fournisseurs

Cette proximité entre clients, distributeurs et fournisseurs est un réel atout. Cet avantage est révélé par l’image des services publics auprès des clients, en particulier des particuliers et des particuliers. Les services publics sont souvent considérés comme un partenaire à long terme, fortement enraciné dans le territoire. Ce marché suisse nous montre l’importance de cultiver cette proximité pour la transition . L’ouverture totale du marché, envisagée dans un futur réexamen réglementaire, discuté depuis quelques années, pourrait menacer cette proximité, comme ce fut le cas dans les pays voisins

L’ouverture du marché est un excellent indicateur des faiblesses marketing d’un fournisseur. En changeant de fournisseur, les clients en transition marquent toujours une insatisfaction: prix trop élevés pour certains, manque d’écoute, manque de service ou d’offre perçue comme ringard ou tout simplement inappropriée pour d’autres. L’ouverture du marché suisse aux grands clients n’a pas échappé à la règle et a révélé des fournisseurs plus agressifs, actifs sur un vaste territoire: EKZ, EWZ, BKW, Romande Energie, Groupe e, pour ne citer que quelques-uns. Il est fort à parier que les fournisseurs trouveront des solutions pour que cette proximité reste essentielle pour les clients résidentiels.

Fragmentation de la distribution

La structure du marché suisse de la distribution révèle un grand nombre de distributeurs multi-fluides: cette structure est idéale pour converger vers des systèmes locaux, urbains par exemple, et optimisés.

Curieusement, les services publics suisses sont rarement armés pour faire de cet avantage un réel atout: leur organisation reste organisée par silos et les différents départements collaborent peu. Dommage ! Cela montre l’inconvénient de cette structure de marché: peu d’échange d’expériences et peu d’économies d’échelle.

Cependant, il est plus facile de développer des alliances sur des projets communs et des groupes de distributeurs plutôt que de coordonner des entités distinctes pour chacun des fluides.

Les prochaines années seront probablement très instructives si les distributeurs valorisent leur palette multi-fluide et développent des modèles transversaux innovants.

L’ouverture du marché fait l’objet de débats en Suisse: la préservation de la proximité offerte par la structure actuelle du marché pousse de nombreux acteurs à s’y opposer. Mais les impératifs européens imposeront probablement un autre choix à une Suisse restée jusqu’à ce jour en dehors des standards des marchés européens. Mais la capacité d’innovation du peuple suisse donnera probablement lieu à des solutions qui pourraient intéresser les grands pays.