La voiture électrique restera-t-elle inabordable pour les revenus modestes ?

David Dornbusch/ février 6, 2019/ Vertsun actualité

ANALYSE – Une voiture électrique ne coute quasiment rien à la conduite. En moyenne 1kWh pour faire 7 km soit, selon que le kWh coute 7 centimes (renouvelables) ou 15 centimes (EDF), entre 1 et 2 euros pour 100 km soit 5 fois moins qu’en essence. En revanche selon le groupe Volkswagen qui électrifiera la totalité de ses 300 modèles d’ici 2030, les citadines 100 % électriques resteront encore longtemps inaccessibles à la majorité des foyers aux revenus modestes. En cause : le coût de la batterie qui renchérit substantiellement leur prix de vente. En revanche, de bonnes affaires sont à saisir sur le marché de l’occasion « Le niveau de prix actuel ne peut pas rester le même si ces voitures [citadines, ndlr] sont équipées de moteurs électriques. Par conséquent, cela entraînera inévitablement des augmentations de prix significatives sur le segment des petites voitures. »

Limpide, la déclaration relayée par l’agence de presse Reuters  est de Hans Dieter Pötsch, le Président du conseil de surveillance de Volkswagen AG.

Aligner le prix de l’électrique sur l’essence

Selon ce dernier, électrifier un véhicule est ainsi plus aisé et surtout plus rentable sur les segments supérieurs et le marché du premium que sur celui des petites citadines à bas coûts pour petits revenus 

Après le retrait définitif des blocs diesel sur ce segment en Europe en raison des coûts de dépollution croissants, les constructeurs sont contraints d’innover et d’adapter leur outil de production afin d’aligner à terme les prix des versions électriques sur ceux des versions à essence.

Mais dans un futur proche, les électriques d’entrée de gamme seront plus chères et « inabordables pour les personnes à faibles revenus »

Nouvelle génération de batterie et baisse des prix

Représentant en moyenne 40 % du tarif public d’un modèle « zéro émission », la batterie verra progressivement passer le coût de son kWh de 200 dollars actuellement à 100 dollars à l’horizon 2027.

Pour un modèle de la taille d’une Volkswagen up! pour les moyens revenus dotée d’un accumulateur développant une capacité de 30 kWh – offrant une autonomie WLTP d’environ 240 km -, le coût de la batterie serait ainsi limité à 3 000 dollars.

Une baisse des prix qui sera rendue possible par la mise sur le marché d’ici 2025 de la nouvelle génération de piles à l’état solide, une technologie dans laquelle le groupe Volkswagen investit fortement.

Le potentiel du marché de l’occasion

Autre stratégie : la délocalisation de la production dans un pays à bas coûts, à l’image de la future Peugeot 208 Electric qui sera assemblée dès la fin d’année en Slovaquie.

Reste qu’il est actuellement plus facile d’électrifier un modèle haut de gamme – Porsche estime que le taux de marge de sa Taycan sera équivalent aux modèles thermiques – et que les ménages les plus modestes pourront toujours s’orienter vers le marché de la seconde main.

Un marché qui bénéficie du reconditionnement croissant de modèles dont les contrats de location (LOA et LLD) arrivent progressivement à échéance et qui, lui aussi, profite de généreuses aides à l’achat (sous conditions).

des voitures electriques pour revenus modestes

solaire voitures électriques

En témoignent les centaines de Renault ZOE de première génération (150 km d’autonomie) faiblement kilométrées dont les tarifs démarrent à 9 000 euros environ (hors aides et location de batterie).