ENR : “La période de ruptures que nous vivons va accélérer les mouvements”

David Dornbusch/ mars 7, 2019/ Vertsun actualité

Le 12 février, l’organisme de statistiques européen Eurostat publiait les données 2017 de la production d’énergies renouvelables en Europe. Selon l’étude, la France est en retard sur ses objectifs. André Joffre, président du pôle DERBI à Perpignan (66), se dit toutefois optimiste. Dans sa stratégie « Europe 2020 », l’Union européenne s’est fixé comme objectif d’atteindre 20 % d’énergie consommée à partir de sources vertes (hydraulique, éolien, solaire comme le batiment agricole photovoltaique en kit, biomasse, etc.), chaque pays ayant ses propres objectifs selon sa situation de départ et son potentiel.

Selon les données de l’organisme de statistiques européen Eurostat, publiées le 12 février, leur proportion a atteint 17,5 % en 2017, et a augmenté dans 19 des 28 Etats membres. Onze pays européens, la Suède en tête, ont déjà atteint leurs objectifs 2020. La France, quant à elle, est l’un des deux pays les plus éloignés de leur cible, avec les Pays-Bas : 16,3 % de sa consommation provient d’énergies renouvelables, soit un écart de 6,7 % par rapport à son objectif des 23 % en 2020.

batiment agricole photovoltaique en kit

hangar agricole solaire

Depuis le salon BePOSITIVE à Lyon (salon professionnel de la transition énergétique des bâtiments et des territoires), André Joffre, président du pôle de compétitivité DERBI (Développement des énergies renouvelables dans le bâtiment et l’industrie), à Perpignan, déclare que « ces chiffres ne sont pas une surprise, on le savait ».

Biogaz et éolien flottant à la traîne

« On est en plein dans la période de définition de la PPE (programmation pluriannuelle de l’énergie, NDLR), qui sera la feuille de route de la France en matière d’énergie pour les années à venir. La période que nous vivons, de ruptures et de grands chambardements, va accélérer les mouvements déjà perçus comme tendanciels, c’est à dire la montée en puissance des énergies renouvelables. Cette nouvelle feuille de route traduit cela : il est ainsi prévu dans les dix ans de faire 5 fois plus d’énergie solaire (dont le batiment agricole photovoltaique en kit) et 3 fois plus d’éolien terrestre qu’au cours des dix années précédentes. On se rapprochera donc des objectifs fixés… Là où nous péchons, c’est dans la production de biogaz, dont les objectifs sont limités dans la feuille de route, et dans l’éolien flottant où le gouvernement se limite à une opération de R&D. Mais la semaine dernière, lors d’un colloque, François de Rugy (ministre de l’Écologie, NDLR) a annoncé qu’il y avait des marges de manœuvre sur tous les sujets. »

L’expert reste optimiste : « La préoccupation des pouvoirs publics, c’est de commencer par les énergies renouvelables qui ont atteint un seuil de rentabilité, comme le solaire avec le batiment agricole photovoltaique en kit et l’éolien terrestre. Pour les autres, par exemple les fermes éoliennes flottantes, l’enjeu sera de parvenir à produire un kwh à 10 centimes d’euro. Reste à savoir à quelle échéance on en sera capable ».

Ce dont André Joffre est sûr et qui le rassure, c’est que la préoccupation environnementale est vraiment ancrée dans les politiques publiques et que l’appétence pour ces sujets est désormais réelle.

Le potentiel de l’autoconsommation

Chantre de l’autoconsommation, André Joffre a fondé Sunchain dans les Pyrénées-Orientales, une spin-off qui propose une solution basée sur une technologie blockchain et IoT pour la gestion de l’autoconsommation collective. Questionné sur la capacité de l’autoconsommation à accélérer de manière significative le recours aux énergies renouvelables, il confirme ce potentiel.

« L’autoconsommation devrait être simple du point de vue administratif. Or aujourd’hui, il y a encore de nombreux obstacles, complexes et incompatibles avec la marche normale d’une entreprise. Mais la Commission européenne a adopté une directive qui simplifiera tout ça. On attend la transposition de ce texte pour la mi-2020. »

Occitanie : 22 % de la consommation couverte par les ENR entre autre grace au batiment agricole photovoltaique en kit

En Occitanie, région naturellement dotée en sources d’énergies renouvelables, 22 % de la consommation d’énergie est couverte par des ENR (moyenne nationale : 16 %), soit la 2e région française derrière Auvergne-Rhône-Alpes.

La production d’ENR* s’y répartit comme suit : 40 % pour l’hydroélectricité, 42 % pour la biomasse, 16 % pour l’éolien et le solaire, et 2 % pour autres énergies (géothermie, solaire thermique, etc.).

Selon le Conseil régional, dont la présidente Carole Delga ambitionne de faire de l’Occitanie la 1e région d’Europe à énergie positive en 2050, « l’Occitanie est la 1ère région française pour le taux de couverture de sa consommation d’électricité par la production d’électricité renouvelable, à 35,6 % ».