Le 13 février 2019, l’Elysée a annoncé le déblocage de 700 millions d’euros. Ce budget servira à financer le développement des batteries électriques, en France mais aussi en Europe. Le développement de la filière s’inscrit dans un cadre plus large : l’émergence du marché européen des véhicules électriques.

700 millions d’euros et plusieurs mesures

Le président Emmanuel Macron est intervenu, le mercredi 13 février 2019, lors de la soirée anniversaire des cent ans de l’Organisation Internationale des Constructeurs Automobiles. Il a annoncé, à cette occasion, la volonté de l’Etat de soutenir le développement d’une filière européenne des batteries électriques. Le chef de l’Etat en a profité pour faire plusieurs annonces. Le gouvernement va ainsi débloquer un budget de 700 millions d’euros, sur une durée de cinq ans.

L’ambition est claire pour le président : l’Europe doit s’affirmer sur le marché en pleine expansion des batteries électriques. A l’heure où les véhicules électriques progressent, il faut que l’Europe se dote d’une filière capable de rivaliser avec les filières chinoise et américaine.

Plusieurs dispositions vont compléter ce financement de 700 millions d’euros. Emmanuel Macron a annoncé la pérennisation du bonus pour l’achat de véhicule électrique. Le gouvernement souhaite d’ailleurs que l’Etat serve d’exemple en la matière. La part des véhicules électriques et hybrides dans la flotte publique va ainsi être revue à la hausse. Le gouvernement souhaite aussi mobiliser les entreprises privées sur la question. Des incitations vont voir le jour, d’ici la fin du quinquennat, pour encourager les entreprises à investir dans des voitures électriques.

Vers une filière européenne des batteries électriques

L’annonce du président de la République intervient après plusieurs mois de concertation européenne. Depuis la fin d’année 2018, la France et l’Allemagne se mobilisent pour faire émerger une véritable filière européenne des batteries électriques. Les deux pays ont demandé conjointement à l’Union Européenne de soutenir l’industrie émergente. L’Allemagne, de son côté, a déjà débloqué un budget d’un milliard d’euros.

Cette prise de position conjointe vise à donner un coup d’accélérateur au dispositif européen lancé il y a deux ans. En effet, l’Union Européenne avait décidé, en 2017, d’inciter des projets européens pour créer un nouveau fabricant de batteries électriques. A l’heure actuelle, l’initiative n’a toujours pas connu de débouché favorable. Pourtant, plusieurs entreprises se sont montrées intéressées : l’entreprise allemande Siemens, l’entreprise suédoise Northvolt ou encore l’entreprise belge Solvay. Si les projets se multiplient, la synergie entre les différentes entreprises européennes a du mal à se mettre en place. Et le projet est encore freiné par l’absence des grands constructeurs européens au sein de ces projets.

budget vehicule electrique
vehicule electrique

LISA : le budget du projet européen est lancé depuis le 1e janvier

Seule exception à ce constat : le projet LISA a officiellement démarré le 1e janvier dernier. Ce projet de coopération européenne vise à concevoir puis commercialiser une batterie de traction lithium-soufre. Cette future batterie sera utilisée pour soutenir l’essor de la mobilité électrique, prioritairement sur le marché européen. LISA (Lithium Sulfur for Safe Electrification) comprend pas moins de treize partenaires. On retrouve parmi eux plusieurs centres de recherche et entreprises et notamment Leitat ou encore Cranfield University. Le français Renault fait aussi partie des constructeurs engagés dans le projet.

Le projet LISA est doté d’un budget de 7,9 millions d’euros. Il devrait durer près de quatre ans et pourrait représenter une avancée majeure pour la future filière européenne des batteries électriques. Les premiers prototypes de batterie LISA offrent un avantage sur les batteries concurrentes : ils sont deux fois moins lourds et offrent un encombrement moindre. Qui plus est, la future batterie pourrait aussi offrir de meilleures capacités grâce à une densité énergétique théorique qui pourrait dépasser les 600 Wh/kg.