Par le Figaro. Dreev, une coentreprise fondée par EDF avec la start-up californienne Nuvve, va proposer aux propriétaires de véhicules électriques d’exploiter l’électricité contenue dans la batterie lorsqu’ils ne s’en servent pas.

Gagner de l’argent avec sa voiture électrique? C’est peut-être un scénario en train de se dessiner. EDF lance cette semaine Dreev – une co-entreprise fondée avec la start-up californienne Nuvve -, un nouvel acteur dédié au sein de l’électricien tricolore à la mobilité électrique et plus spécifiquement au smart charging, à savoir le pilotage des recharges des voitures électriques et de nouveaux services associés. Très concrètement, ces véhicules sont des «batteries sur roulettes», comme l’explicite Eric Mévellec, le dirigeant de Dreev.

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Elles peuvent donc être un moyen efficace de soulager le réseau en période de pointe de consommation en réinjectant l’électricité nécessaire (issue de la batterie) – si une entreprise comme Dreev arrive à convaincre un portefeuille de clientèle suffisant.

«Ce système a beaucoup de vertus, poursuit Eric Mévellec, c’est d’abord un bon moyen d’exploiter des ressources qu’on a sous la main. Tout le monde ne sait pas qu’un véhicule électrique reste statique pendant 96% du temps, ce qui offre une large plage de temps pour exploiter l’électricité contenue dans la batterie.» Le second atout principal réside dans l’économie financière pour le client: il sera rémunéré pour l’énergie qu’il met à disposition d’EDF. Certes, les montants ne seront peut-être pas mirobolants mais cela pourrait permettre aux détenteurs de véhicules de ne pas payer leur alimentation, voire de gagner un peu d’argent. En moyenne, le coût annuel moyen pour le consommateur de l’alimentation d’un véhicule électrique tourne autour de 250 euros, soit cinq fois moins par rapport à une voiture à essence.

EDF revend l'electricité des batteries
EDF revend l’electricité des batteries

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«Dans un premier temps, cette offre que nous lançons va concerner les entreprises et les collectivités: ce sont en effet les deux meilleurs vecteurs pour entamer un développement à grande échelle, explique Juliette Antoine Simon, la directrice générale d’Izivia, la filiale d’EDF qui gère toute l’installation et l’exploitation des bornes de recharge, d’ici à deux ans, nous pourrons commencer à investir le segment des particuliers.» La première installation concerne ainsi le site de l’entreprise Hotravail implantée dans la région bordelaise, avec trois bornes connectées. Parallèlement, l’implantation de six outils supplémentaires est prévue au sein de la centrale nucléaire de Civaux (Vienne).

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«Les services que nous mettons en place s’appuient sur des compétences informatiques très pointues, complète Eric Mévellec, la plateforme de Dreev intègre de nombreuses données sur la gestion des véhicules, de manière que l’utilisation au service du réseau ne pèse en sur besoins de mobilité des utilisateurs.» Autrement dit, on ne réinjectera pas du courant sur le réseau au moment où l’automobiliste veut prendre le volant.

Sur le plan commercial, les équipes d’EDF vont peu à peu intensifier leur campagne de démarchage auprès des entreprises et des collectivités. «Notre gamme de services ne s’adresse pas seulement aux grosses entités, poursuit Juliette Antoine-Simon, au contraire même, des PME très agiles peuvent être séduites par notre solution qui non seulement leur propose un gain économique mais leur permet également de s’inscrire dans le cadre de la transition écologique. Par exemple, la recharge des batteries peut intervenir à un moment où les énergies renouvelables produisent massivement.