Par Solar Plaza  La croissance de la population mondiale au cours de la dernière décennie a entraîné une augmentation des besoins en électricité, ainsi que la sécurité alimentaire. La France a pour objectif de s’attaquer à ces deux problèmes en même temps avec Agrivoltaïques. En tant que premier producteur de produits agricoles en Europe, et l’un des plus grands marchés européens de l’énergie solaire, la France pourrait grandement bénéficier de l’ agrivoltaïque. Cette nouvelle forme d’agriculture s’est avérée offrir de nombreux avantages en termes de production alimentaire et de production d’énergie renouvelable.

Que sont les agrivoltaïques?

L’agrivoltaïque, également appelée agrovoltaïque ou partage solaire, combine l’utilisation des terres agricoles avec la production d’énergie solaire. Les systèmes agrivoltaïques peuvent être construits en utilisant différentes méthodes. Ils peuvent être construits en plaçant des panneaux solaires photovoltaïques (PV) au-dessus des serres ou dans des systèmes de champ ouvert en les espaçant entre ou au-dessus des cultures. Des études ont montré que les cultures – comme les tomates, les poivrons, les baies et les vignes – sont les plus adaptées aux agrivoltaïques car elles nécessitent de l’ombre pour pousser.

Les systèmes agrivoltaïques se sont également avérés capables de piéger l’humidité libérée par les cultures, réduisant ainsi la consommation d’eau. L’humidité de l’air refroidit les panneaux photovoltaïques, ce qui les aide à mieux fonctionner. L’humidité du sol conserve l’eau, ce qui réduit le stress dû à la sécheresse des plantes. En un mot, les systèmes agrivoltaïques ont la capacité d’augmenter le rendement des cultures agricoles, de réduire la consommation d’eau et de réduire les coûts d’exploitation et d’entretien, tout en produisant de l’énergie propre.

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L’agrivoltaïque étant une forme d’agriculture relativement nouvelle, jusqu’à présent, seul un nombre limité de projets à grande échelle ont été mis en œuvre dans le monde. À l’heure actuelle, la Chine abrite le plus grand projet agrivoltaïque au monde, qui combine des panneaux photovoltaïques sur des baies de goji. Le projet massif de 640 MW aurait contribué à réduire l’évaporation de l’humidité des terres de 30 à 40%, ainsi qu’à améliorer le climat régional et à améliorer l’écosystème de la région en augmentant la biodiversité. En dehors de la Chine, d’autres pays se sont également penchés sur l’agrivoltaïque, comme l’Inde, la Malaisie et Taiwan.

En Europe, la France a été l’un des premiers pays d’Europe à progresser dans cette forme d’agriculture. Au cours des dernières années, le pays a connu une recrudescence des projets agrivoltaïques, dont beaucoup sont encore en phase pilote.

L’agrivoltaïque en France

La France tente d’intégrer la production d’énergie solaire dans son secteur agricole depuis plus de deux décennies. Comme les terres agricoles doivent être préservées pour les ressources agricoles, l’agrivoltaïque est apparue comme une solution viable à la fois pour la rareté des terres et le manque de production d’énergie renouvelable dans le secteur agricole. Le changement climatique a également été un facteur majeur de la flambée de l’agrivoltaïque, car les cultures ont beaucoup souffert de la hausse des températures, des changements saisonniers, de la migration géographique, du stress hydrique et des besoins d’irrigation.

Le développement de projets agrivoltaïques en France a débuté au début des années 2000 sous la forme de petits projets de serres. Aujourd’hui, les projets agrivoltaïques sont de plus en plus grands, meilleurs et plus intelligents. Au début de cette année, la Compagnie Nationale du Rhône (CNR), développeur français des énergies renouvelables, a annoncé qu’elle développait actuellement un projet pilote d’agrivoltaïque de 150 kW à l’école d’agriculture Lyon-Dardilly-Ecully dans le sud-ouest de la France.

CNR a déclaré: «Nous travaillons sur notre premier projet de serres solaires. Nous aimerions passer par un projet et ensuite utiliser l’expérience acquise sur ce projet pour guider le développement de cette activité.

Le projet sera situé entre un champ ouvert et une pépinière et consommera l’électricité sur place avec tout surplus injecté dans le réseau.

« L’essentiel est de trouver le juste équilibre entre la production d’électricité (qui permet la rentabilité économique du projet) et la production agricole; l’idée est de fournir un outil qui soit le plus utile aux agriculteurs. “

– CNR

Lors du développement de tels projets, les développeurs doivent non seulement faire le meilleur choix de cultures, mais aussi analyser le meilleur terrain pour les projets. Les terres cultivées, les prairies et les zones humides se sont révélées les trois principales catégories de terres pour les projets agrivoltaïques. Il est également crucial d’installer un système de suivi pendant le développement et tout au long de la vie du projet agrivoltaïque pour assurer une coactivité à long terme.

Un projet remarquable qui rassemble ces éléments appartient à Sun’Agri, qui a été à la pointe de l’agrivoltaïque en France. Sun’Agri’s a développé un système viticole agrivoltaïque dans le sud-est de la France situé dans la région viticole de Polenc. Le projet de 84 kW fait partie d’un programme de test pour voir comment l’agrivoltaïque se comporte avec certaines cultures. «La vigne fait partie des cultures les plus touchées par les effets du changement climatique, il est donc essentiel qu’elle soit au cœur de nos expériences», explique Sun’Agri. La France étant l’un des premiers producteurs de vin au monde, la combinaison de projets agrivoltaïques et de viticulture présente un immense potentiel à mettre en œuvre à plus grande échelle.

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Le projet utilise également un algorithme d’intelligence artificielle (IA) qui peut déterminer l’inclinaison idéale des panneaux en fonction des conditions météorologiques pour protéger les cultures. Le programme devrait passer à une phase commerciale en 2022 et comprendra également des projets agrivoltaïques intégrant l’arboriculture, le jardinage en serre et les cultures arables sur 15 installations.

Autres développements

Au-delà de ces projets pilotes, le gouvernement français tente d’encourager le développement de l’agrivoltaïque à grande échelle par le biais des enchères. La dernière vente aux enchères du pays a attribué 40 MW de projets agrivoltaïques dans le cadre de son appel d’offres innovant pour le photovoltaïque. Sept de ces projets ont été attribués à Sun’Agri, allant de 575 kW à 3 MW dans le sud de la France. L’entreprise est confiante de pouvoir exécuter ces projets à leur plein potentiel en utilisant les connaissances et l’expérience acquises grâce à ses projets pilotes.

En mettant en avant les produits agrivoltaïques dans la vente aux enchères, le gouvernement français a suscité un certain intérêt de la part des développeurs et des producteurs d’énergie. L’un des plus gros accords annoncés à ce jour est le partenariat entre Total Quadran, l’unité française de production d’énergie renouvelable du géant pétrolier et gazier Total, et InVivo pour déployer 500 MW de projets agrivoltaïques d’ici 2025.

Le développeur solaire français Neoen a également manifesté son intérêt pour le domaine de l’agrivoltaïque en déclarant: «Nous croyons en la possibilité de réaliser de réelles synergies entre l’activité agricole et la production d’électricité photovoltaïque.» Cependant, réaliser de telles synergies peut être plus facile à dire qu’à faire. Dans la vision de Neoen, l’activité agricole doit rester l’activité principale du projet. Ces projets agrivoltaïques doivent être totalement intégrés dans leurs territoires respectifs.

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L’un des principaux producteurs d’énergie solaire indépendants opérant en France, Amarenco, est également favorable à l’agrivoltaïque et estime que le développement de ces types de projets fera non seulement avancer le solaire, mais occupera également une place majeure dans la transition agricole.

« Il est important de développer des infrastructures, des pratiques et des politiques agro-PV durables afin que les activités agricoles et la production d’électricité puissent bénéficier mutuellement de cette nouvelle combinaison technologique »

– Alain Desvignes, PDG d’Amarenco

«Grâce au partage des connaissances et des meilleures pratiques entre le secteur agro-PV et les experts agricoles, l’UE peut prendre la tête des technologies agro-PV et définir une norme mondiale pour ce segment», a ajouté Desvignes.

La France a fait du bon travail en plantant les graines d’un segment agrivoltaïque en herbe. Le pipeline actuel de projets agrivoltaïques est considérable et semble très prometteur. Avec tout l’intérêt des acteurs du marché locaux et internationaux, ainsi que le soutien du gouvernement, la France peut s’attendre à voir un énorme pic de projets agrivoltaïques dans les années à venir.

Hangar Agricole photovoltaique Vertsun
Hangar Agricole photovoltaique Vertsun

 

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